Histoire

Quelques documents anciens nous apprennent que Saint-Christo était jadis une modeste bourgade close qui n’eut jamais le privilège de posséder un château. C’était l’église qui servait en somme de donjon dans les circonstances difficiles. C’était donc le village le plus proche et les seigneurs de ce dernier qui assuraient la défense : Fontanès était donc cette place forte. Il existait tout de même un prieuré qui est mentionné dans le cartulaire d’Ainay dès 1250. Dans ce document, sont précisées les différentes appartenances de la « villa » ; selon les apparences, le domaine n’était pas très important, il n’avait d’ailleurs qu’une basse justice.

Une église existait donc déjà en ce temps et un texte daté de 1262 révèle qu’elle dépendait du prieuré de Saint-Romain. C’est le recteur de l’église qui gérait le cimetière et les deux tiers de ces revenus étaient versés à Saint-Rambert.

En 1263, le prieur de Valfleury décida de créer dans la paroisse un second cimetière concurrent qui devait relever de Montverdun et de la Chaise-Dieu. Ce cimetière était destiné plus particulièrement à la sépulture des moines et de leurs familiers. Comme on peut bien le penser, le prieur de saint-Romain se sentit lésé et il exigea de percevoir des droits sur ce nouveau cimetière, à savoir un tiers des oblations et un huitième des legs qui parvenaient au prieuré de Valfleury. Ce fut l’origine d’une querelle entre les deux prieurs qui furent contraints de s’en remettre à un arbitrage pour trancher le différent. Ce fut le prieur de Valfleury qui eut gain de cause.

La paroisse était en ce temps morcellée en quatre parcelles ; cet état était d’ailleurs assez fréquent en Forez notamment pour celles qui n’avaient pas de château et pas de seigneur unique. Le comte de Forez y avait donc droit de garde. Par conséquent, plusieurs justices existaient donc à Saint-Christo et nombre de censives qui dépendaient des seigneurs environnants. Au XIIIè siècle, outre la censive du prieur du village, il y avait aussi celle du comte de Saint-Galmier, celles des seigneurs de Fontanès alliés aux Ronin en 1272, celle des Hospitaliers de Chazelles, celle des seigneurs de Saint-Priest et celle des seigneurs de Saint-Bonnet-les-Oules.

Si bien que l’on possède plusieurs relevés d’impôts de cette période, un de 1290, un de 1315, un de 1344. Ces documents ne sont pas aussi arides que l’on pourrait le croire et ils peuvent intéresser à plus d’un titre. Ils sont des mines de renseignements de tous ordres.

Certains nous permettent de mieux connaître les mesures utilisées alors dans la paroisse vu que l’on versait une partie des impôts en nature. On constate qu’à Saint-Christo le morcellement a entraîné une extrême diversité en la matière. Les relevés donnent sans cesse des équivalences. On y trouve des mesures dites de Saint-Galmier, de Saint-Chamond, de Fontanès et même de Chagnon. C’est en 1315 seulement qu’apparaît la mesure de Saint-Christo.

On peut y découvrir aussi les anciens noms des villages. Dans un document de 1290 Saint-Symphorien est, par exemple, nommé Saint-Cafurin. La charte de 1315 mentionne Sant-Christolbo pour Saint-Christo. Cette graphie est assez surprenante si l’on en croit les spécialistes puisque, d’après le dictionne de Dufour, Saint-Christo est régulièrement écrit Sanctus Christophorus ou Christoforus depuis l’an 984 ; ce qui donna par la suite l’appellation patoise de San Cretou toujours usitée par les anciens. La forme de Sant-Christolbo est peut-être d’origine provençale, encore qu’on ne la retrouve jamais littéralement ainsi. Il se pourrait alors que le clerc qui recopia le texte fût un méridional, à moins qu’il n’ait tout bonnement déformé le nom du village parce qu’il ne le connaissait pas.

La division de la paroisse fut aussi la cause de bien des rivalités. Le seigneur de Chagnon possédait au début du XIVè siècle la haute justice sur e bourg et sur une partie de la paroisse, d’où l’utilisation de la mesure de Chagnon dans les textes cités ci-dessus. Ses prétentions furent telles que le prieur de Saint-Christo dut mettre la maison censitaire et les droits afférents en la garde du comte de Saint-Galmier en 1314. Le comte de Saint-Galmier qui était seigneur de La Tour et de Fontanès, avait des droits de justice sur une partie de Saint-Christo. Les gens du comte « évincèrent » le sire de Chagnon qui essaya de persévérer, mais en 1324 il abandonna la partie. Peut-être vendit-il ses droits de justice au chapitre de Lyon. En tout cas, en 1344, il réclama derechef ses droits contre le comte de Saint-Galmier.

Au XIVè siècle, il semble qu’une confrérie possédait la maison censitaire du prieuré, toutefois on ne trouve pas trace de cette association, aucun testament en particulier ne la mentionne. Il se pourrait qu’il y ait eu aussi alors une maladrerie puisqu’il en est question dans une charte de l’époque. Cette maison hospitalière serait assez originale, si tant est que l’on comprenne bien les textes, puisque les malades l’auraient eux-mêmes administrée.

Au-delà de cette période l’histoire du village demeure obscure.

L’église

Elle fut construite en 1863 dans un style gothique par l’architecte Michaud de Roanne.

Le Château d’Albuzy

A trois kilomètres environ au sud-ouest de Saint-Christo. C’est un bâtiment carré d’où émerge au nord-est une tour. La façade sur est ornée de deux tours aux angles. D’après les descriptions du début du siècle, on trouvait à l’intérieur, au premier étage, une chapelle et dans la grosse tour, deux cariatides qui semblaient avoir supporté le manteau d’une cheminée ;

L’histoire de ce domaine est assez mal connue. Il est certain qu’il existait au Moyen Age car il est mentionné dans une charte de 1279, mais il est dit simple courtil et ne paraît pas avoir été un fief du seigneur de Saint-Galmier. On sait qu’un certain Matagay demeurait là en 1341, mais il n’est pas du tout sûr que la demeure existât déjà.

L’hypothèse la plus plausible est que le château a été édifié à la fin du XVIè siècle ou au début du XVIIè siècle après le mariage d’Antoine de Saint-Priest avec Catherine Peloux de Saint-Romain-Lachalm. Ce mariage fut célébré en 1588 et c’est dans la descendance issue de cette union qui porta le nom de Saint-Priest d’Albuzy. On trouve en 1629 et 1634 un Jacques de Saint-Priest seigneur d’Albuzy.

Au XVIIIè siècle, André Froton, avocat au Parlement jusqu’en 1775 fut possesseur du château. Il avait aussi le fief de Bayard à La Talaudière. Il vendit Albuzy aux Vincent, originaires de Montarcher, commerçants à Saint-Etienne ; ils devinrent plus tard les Vincent de Soleymieux.

Photos anciennes

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